Violation du droit à la vie : une reconnaissance au goût très amer

La Cour européenne des droits de l’Homme condamne ce jeudi 27 février, la France pour sa responsabilité de la mort de Rémi Fraisse, 21 ans, survenue le 26 octobre 2014, par une grenade offensive tirée par un gendarme, lors d’affrontements entre opposants et forces de l’ordre sur le site du barrage contesté de Sivens.
Selon le Nouvel Observateur et l’AFP, la CDEH estime que le niveau de protection requis pour parer aux risques poses par une force potentiellement meurtrière n’a pas été garanti.
Selon un décompte officiel rapporté par Médiapart, 700 grenades, dont 42 offensives avaient été tirées par la gendarmerie pendant la nuit.
Pour les Ecologistes, cette reconnaissance de la responsabilité de l’État d’un usage disproportionné de la force arrive bien tard, 10 ans après les faits.
Nous espérons que cette condamnation de CEDH fera infléchir la doctrine de l’État en matière de matière de maintien de l’ordre, qui porte atteinte au droit de manifester.
Depuis le début des années 2000, il ne s’agit plus de rester à distance des manifestants, mais au contraire, d’aller au contact, de mener des interpellations, à la faveur d’un équipement en armes de force dite intermédiaire de plus en plus dangereux, et dont l’usage a provoqué des blessures très graves, voire des vies fauchées, à l’image de celle de Rémi Fraisse, ...
Les armes blessent, elles peuvent ôter des vie. Mais les mots ont également leur part de responsabilité dans un climat d’exacerbation des tensions.
Qualfier « d’éco-terroristes » des manifestants qui ont la non violence dans leur ADN et qui ne demandent que le respect du droit, procède d’une stigmatisation insupportable de l’écologie, et des combats menés pour la protection des communs et des générations futures.